Qui sommes nous ? About ?


All about balance. Tout est une question d'équilibre.
Cette phrase illustre Slack depuis ses débuts en 2005.
Alors que personne n’avait entendu parler de sangle molle, Damien Mercier décida de pousser le slackline vers les projecteurs en créant la marque Slack et le site www.slack.fr, ainsi que la boutique en ligne de slackline. Vous êtes ici sur notre blog.

14 déc. 2015

Metronomic, le nouveau film des Flying Frenchies - Freddy Drum'N'Gong

Film complet disponible sur BarakaFlims.com


Metronomic c'est la rencontre entre les cascadeurs des Flying Frenchies, les danseurs aériens de la Compagnie 9.81, les musiciens du groupe RadioMonkey, et l’équipe de Baraka Flims


Un savant mélange d’artistes et de sportifs de haut-vol. Un hymne au vide, entre performance et poésie contemplative.




L'un des personnages principaux de ce film, autant dans sa réalisation, que dans la préparation, a été Freddy Montigny. Vous le connaissez peut-être plutôt sous le nom de Freddy Drum'N Gong où comme membre des Flying Frenchies.
Il est l'ami d'enfance et compagnon de jeu de Julien Millot (cf : I Believe I Can Fly), et a déjà quelques cascades qui ont buzzé à son actif (voir bas de page).



Freddy Montigny, dit Drum'N Gong, avec sa batterie volante

On a profité de l'un de ses nombreux passage au bureau de la WorldCompany à Cons Sainte Colombe, entre deux séances de coutures pour lui demander quelques mots sur le film dont nous sommes partenaires/soutien.

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Comment t'es tu lancé dans ce projet avec Antoine (Moineville) ?


Ca s'est fait de fil en aiguille, grâce à de vieilles idées d'un peu tout le monde.
Je voulais refaire du spectacle de grande hauteur, en falaise. Inspiré de ce qui s'est fait les années 80/90. Comme les Arts Cordés, la Place des Anges, de la danse escalade et la danse verticale. Une pratique qui s'est un peu perdu.
Mélanger ça à de la slackline, au pendule, au concept de musique accrochée, suspendue, avec la batterie, s'est fait naturellement. Ca fait déjà longtemps que j'accrochais des gars à la guitare.

Les musiciens de Radio Monkey avec en arrière plan Nathan Paulin sur une highline de 130m


Pourquoi des slacklines dans Métronomic ?


Le monde du saut pendulaire a repris du poil de la bête grâce à la slackline, même si on utilise toujours des cordes.
L'intérêt comparé à des cordes aussi, c'est qu'il y a des slackliners. Donc ça fait parti du spectacle. C'est beau, c'est visuel.

La base du projet c'était de mélanger les pratiques, donc si on ne mettait que des cordes ça n'avait plus aucun intérêt. Ou alors on l'aurait fait dans les années 90. Mais aujourd'hui en 2015, le truc c'est de le faire avec des slacklines, des slackliners, du show, du visuel, et un mélange des disciplines et des genres.


Tancrède Melet se préparant à se larguer d'une highline en BaseJump

Comment s'est passé l'organisation sur place ?


Chacun a bien joué son rôle.
L'accroche des slacklines, les pendules et ce qu'il y avait autour, s'est auto-géré grâce aux slackliners sur place.
Notamment par Gautier Bourgard des Pyrénaline. Il a géré l'installation des pendules et le calcul des trajectoires. Il n'est d'ailleurs pas assez cité dans le film pour toute l'aide qu'il nous a apporté. Le tout avec l'aide de Théo Sanson (Team Slack.fr) et Nathan Paulin (Team Slack.fr).

La partie danse verticale était plutôt autonome grâce à la Compagnie 9,81.


La chanteuse Dalenda Mélonie Sina, du groupe Radio Monkey

La partie mise en lumière, artistique, costumes, c'était Richard, un ami d'Antoine Moineville à Chambéry. Il a bien eu la vision globale de tout ça, pour pouvoir mettre en avant la performance.

Les systèmes de largage, accrocher les musiciens et la synchronisation entre tous, ça c'est plutôt moi.

Mise en place avant les largages. ©Damien Deschamps


Les caméras, les cadres et les images, c'était Julien Nadiras et Vladimir Celier de Baraka Flims. Ils ont également dirigé la musique pour avoir quelque chose d'ordonné, qui ne part pas trop n'importe comment. Afin qu'ils puissent avoir une matière suffisamment simple et exploitable pour monter le film avec leur style.
Ils ont été aidé aussi dans les prises de vue par DamienDeschamps et Alex Marchesseau de Chamonix.


Mélange des genres. ©Damien Deschamps

Antoine Moineville s'est occupé de l'entrainement des musiciens à la remontée sur corde et l'utilisation du matériel d'escalade.
Mais aussi de la gestion logistique globale, l'anticipation. Il a été le chef d'orchestre entre les repérages, les autorisations des différents interlocuteurs et propriétaires, mais aussi sur la coordination entre les différents protagonistes du spectacle, etc. Il a géré toute l'organisation centrale du projet en fait.

En gros, sur place, chacun a joué son rôle, a pris ses responsabilités. C'est là où, le bon job a été fait, prendre les bonnes personnes, les mettre ensemble et faire en sorte que ça marche tout seul.


Images tirées du film Métronomic


Parle nous un peu plus de toi


Je suis batteur depuis que je suis bébé. Je suis né sur la batterie de mon père. J'ai toujours été dans le monde de la musique. J'ai gagné ma vie dans/de la musique de mes 15 ans à mes 25 ans. C'était vraiment mon métier.


Freddy jouant du Hang. ©Jeremy Dussauze

Je rêvais de montagne, de voyager, tout ça. C'était difficilement compatible avec la musique. Donc j'ai tout plaqué à 25 ans et je suis venu habiter en Rhône-Alpes. J'ai commencé le parapente et à me balader dans les montagnes, et voilà.

Toutes ces étapes sont des marches qui ont été gravies les unes après les autres, jusqu'à rencontrer l'escalade et le monde de la corde. Et enfin rassembler ces deux passions que sont voler et jouer de la musique.
Les mettre ensemble, c'est à la fois intégrer les compétences techniques des 2 mondes mais aussi intégrer tout le réseau de personnes autour qui permet de mettre tout ça en place.
Quand j'habitais à Orléans, on ne connaissait pas les cordistes, ni les parapentistes, ni les grimpeurs. La slackline n'était pas connu à l'époque. En tout cas, je ne l'avais pas encore rencontré.

C'est bien plus tard, quand j'ai voulu faire du spectacle aérien, que j'ai découvert le monde de la verticalité. Ce n'était pas du tout ma culture. Moi c'était plutôt conservatoire, jazz et musique classique. Et là je me suis dit « ah ouai daccord, en fait ils ont déjà tout fait les gars... ». Sauf accrocher une batterie en l'air, et encore moins sous des parapentes.
Accrocher des musiciens en l'air ça avait déjà été fait, mais les trucs bien Rock'N'Roll comme des contrebasses, batteries, des pianos, non. Donc c'était vraiment ça l'intérêt, d'aller chercher ce loufoque, cet absurde là.



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11 déc. 2015

Part 3 : Singeries Moabiennes et 500m de highline - Thibault Cheval



Indian Creek – GGBY – Parriott Mesa


Après l’installation du space net, et le début du GGBY approchant, je décide de prendre un peu de distance avec la foule en retournant à Indian Creek avec Faith pour retrouver des amis à elle sur place.

Départ donc le lundi en milieu de matinée pour le Sud. Arrivé sur le spot vers midi nous nous dirigeons vers le secteur Scarface pour faire quelques voies avant la nuit. En arrivant sur place je me rends compte que le calme auquel je m’étais habitué la dernière fois que je suis venu a disparu : effectivement Thanksgiving arrivant les grimpeurs affluent pour passer cette fête à Indiana Creek, pour prendre part au désormais célèbre Creeksgiving !




Nous nous éloignons un peu des voies surpeuplées pour trouver notre bonheur un peu plus loin, sous la forme d’un 5.9 (5c) offwidth (comprendre qu’on ne peut pas utiliser les techniques de verrous classique, la technique ici étant de ramper dans une fissure trop large pour les poings, trop étroite pour les genoux ou les épaules, un régal.) et d’une très belle fissure déversante en 5.10+.

Tout juste arrivés et déjà épuisés par ces deux voies nous nous dirigeons vers Creek Pasture, un autre site de camping aménagé pour les grimpeurs gratuit, avec emplacement séparé, bancs, emplacement pour le feu, toilettes communes, etc…

En arrivant nous cherchons les amis de Faith Dickey à l’emplacement qu’ils nous avaient indiqué, mais nous n’y trouvons personne de connu. Nous interrogeons les personnes occupant l’emplacement et ils nous apprennent que le couple d’amis que nous cherchons sont partis, mais qu’on peut rester avec eux si on le souhaite.
Aussitôt dit aussitôt fait, nous installons notre tente et passerons les prochains jours en leur compagnie, entre apéros au coin du feu jusque tard dans la nuit, et grimpe toute la journée sur les différents secteurs d’Indian Creek.




Je retiendrais particulièrement de ces trois jours mon essai dans Anunnaki, un 5.12- dévers, très esthétique mais aussi incroyablement physique, où j’apprendrais à voler tête en bas sur coinceurs, mais aussi l’ascension en moulinette de Big Guy, un vrai offwidth bien horrible, très long et très large ! Et pour finir les incroyables moments passés avec de complets inconnus pendant 3 jours !

Après ces trois autres jours passés à Indian Creek nous reprenons la désormais bien connues route jusqu’à Moab, en se promettant de revenir car le potentiel du spot est vraiment infini.

Le lendemain, Jeudi de Thanksgiving, direction le Fruit Bowl !
Après quelques lignes pour me remettre dans le bain de la highline je me lance sur la « floating line » : WAOUUU ! La vue est à couper le souffle, la ligne facile à marcher, c’est un magnifique moment passé dans les airs.



Arrivés au bout, je pose le pied sur la banana et me jette à plat ventre dans le filet : hurlement partout autour de moi, je ne m’en étais pas rendu compte mais un nombre incalculable de personnes se tenait au bord des falaises et c’était tourné vers moi pendant ma traversée, un grand moment que je ne suis pas près d’oublier !

Après avoir passé 5min à profiter du filet et à repérer comment sauter à travers le trou du milieu, je pars pour faire le retour, moins impressionnant niveau visuel mais plus difficile car la ligne monte énormément et je ne vois désormais plus les mouvement des gens dans le filet, qui influent sur la ligne.

Une fois la traversée terminée, chose rare pour moi, j’y retourne. Après tout c’est pas tous les jours qu’on peut marcher une ligne tendue entre deux filets au milieu du désert en Utah ! Une fois debout, je lève les yeux de l’ancrage en face de moi, et profites du paysage, de tous ces canyons, c’est avoir le visuel d’un « exposure turn » tout en marchant normalement sur la ligne, MAGIQUE !

Une fois de retour sur la terre ferme je récupère mon parachute et retourne sur le filet en compagnie d’Hayley pour sauter à travers le trou. Elle part la première, se suspend sous le filet à une main, lâche, part tête en bas et tire. Je me positionne près du trou, me prépare, mais au moment de pousser mon cerveau refuse de pousser bien à plat, de peur de toucher l’autre bord du filet et je me retrouve donc moi aussi en train de plonger tête en bas. Certaines mauvaises langues diront que j’ai touché mon parachute avec mes pieds…


Le soir c’est Thanksgiving party chez Andy, avec environ 25 personnes, de la nourriture de partout, musique à fond, costume et objets psychédéliques en tout genre, définitivement pas le Thanksgiving traditionnel !


La fin de semaine marque aussi la fin du GGBY (Gobble Gobble Bitche Yeah) et du Turkey Boogie, et, vous connaissez les ‘ricains, on a fêté ça comme il se doit avec un mini Burning Man au milieu du désert de Moab, ambiance Mad Max assuré, substance illicites conseillées, lance flammes soigneusement préparés, c’est parti ! L’ami Rodolphe nous fera l’honneur de sa présence et égayera notre soirée de ses remarques sur la grâce de Mimi et la dégaine de certains illuminés dans l’assistance !


Après deux jours de repos pour se remettre de cette soirée, je me dirige avec Faith vers la maison de Terry, légende américaine de la sangle molle qui a aménagé son jardin spécialement pour la slackline.
Au menu : deux middlines, 3 longlines, deux cables en acier de 50m, un trampoline, un espace d’entrainement pour l’escalade avec toutes sortes d’astucieux bricolages, une cabane réservée aux slackers de passage avec un lit, un poêle à bois, une petite télé et la signature de tous ceux qui y ont passé une nuit, bref, une étape obligatoire pour tout slackliner qui se respecte passant par Moab !




Le lendemain, mercredi, nous partons grimper un incontournable petit bout de caillou posé en équilibre en haut d’une falaise : Ancient Art. La grimpe n’y est pas ce que j’ai connu de plus esthétique, on rampe la plupart du temps dans une cheminée de sable facile mais difficilement protégeable. Mais une fois en haut on se dit que ça en valait le coup !

La vue sur les Fisher Tower est incroyable et nous tombons en plein milieu d’un tournage Red Bull avec acrobatie aérienne, wingsuit proxy entre les tours, 2 ways depuis King Tower, le tout avec deux ou trois hélicos tournant dans tous les sens. Je me sens un peu seul là-haut avec mon parachute sur le dos et mon extracteur à la main !


Lien de la vidéo ici

Brian, un ami de Moab qui travaille sur le tournage nous voit et me fais signe depuis le bas que je peux sauter, il a prévenu par radio les hélicoptères de notre présence.

Le jeudi, Faith, Brian et moi montons à Parriott Mesa pour repérer et équiper une highline qui nous servira, à Faith et moi, d’entrainement au mou. En effet, elle comme moi avons un train de retard sur la nouvelle tendance et voulons rattraper tout ça. 



L’approche est très drôle, alternant marche dans un pierrier, câble de 4mm en guise de main courante sur une dalle très raide, remontée de vieilles cordes fixes dans une cheminée, saut d’un trou avec réception sur un mélange de neige et glace et escalade en solo chargé comme des mules d’une seconde cheminée jusqu’au sommet.




Nous trouvons la ligne, Brian saute depuis le sommet de la Mesa, puis nous retournons percer, équiper les ancrages et passer une corde pour la connexion. Nous rentrons le soir chez Brian passer une dernière nuit au chaud avant de remonter à Parriott pour 4 jours en autonomie. 



Le vendredi Théo, Anthony et Julien (deux Québécois) nous accompagne pour nous aider à monter le matériel de highline, de bivouac ainsi que la nourriture. En fin de journée la ligne est quasiment installée et tout le monde redescend excepté Faith et Anthony.

Théo et moi choisissons un moyen rapide de descendre : PCA pour lui, saut classique pour moi, et on va poser à côté de la voiture. Pendant les jours qui suivront, le BASE sera mon moyen d’aller au ravitaillement quand nous manquerons d’eau, de nourriture, ou que Faith se rendra compte qu’elle a oublié son matelas gonflable.




Les jours suivants sont consacrés à l’entrainement sur ligne molle qui nous faisait tant peur. Anthony, meilleur que nous sur ce genre de ligne traversera la ligne le deuxième jour, passant 28min sur la ligne… De notre côté même si on note quelques améliorations, ça casse pas trois pattes à un canard, entre le backup qui balance sous la ligne, qui vient remonter au-dessus de nos pieds, tous ces facteurs auxquels on s’habitue petit à petit mais qui continue de nous retourner le cerveau chaque fois que l’on met le pied sur la ligne.



Le lundi soir on démonte la ligne, je pack le matos le plus lourd dans mon sac et demande à Faith de me faire une PCA avec. Moment assez effrayant que de sauter avec un sac de 30kg dans les bras, assez instable aussi une fois sous voile, mais finalement très drôle, et rapide !

De retour à Moab nous nous ruons une fois de plus à la Brasserie pour avaler un délicieux burger et deux pintes de bières brunes locales, un vrai régal après 4 jours de privation et de repas identiques matin et soir !

Le mardi nous partons Théo Mimi Faith et moi pour le Fruit Bowl pour essayer à nouveau la 225m. Et là, miracle, l’entrainement porte ses fruits. Pas de traversée pour le moment, mais un calme, un zen, assez inhabituel pour moi sur ce genre de lignes, et des essais longs et agréables, pour moi comme pour Faith. Enfin réconcilié avec la highline !!!
Mimi et Théo quant à eux cruisent tranquille sur la ligne, comme d’habitude.
Que du bonheur finalement !

A l’heure où je finis cet article il reste moins d’une semaine à Mimi et Théo sur le sol américain, quant à moi je m’apprête à partir à Joshua Tree en Californie pour grimper et highliner jusqu’à la fin de mon voyage.

More to come soon !




Photos : Chris Hoyte, Elliott Natz, Faith Dickey, Forrest Kaye, Thibault Cheval

Part 2 : Singeries Moabiennes et 500m de highline - Thibault Cheval



Indian Creek - Thug Mansion 



Après 4 jours passés en haut de Castleton Tower pour le record de Théo (must watched), nous nous accordons la journée de lundi de repos au Monkey Den.




En fin de journée Mimi et moi décidons de partir bivouaquer à Indian Creek, célèbre site d’escalade, où nous devons retrouver Etienneet l’équipe de Nograd le lendemain pour passer quelques jours à grimper.
Après quelques cafouillages pour se retrouver, et un aller-retour à Moab, on finit par se retrouver tous au Superbowl Campground le mardi soir, bien décidé à tout donner dans les superbes fissures de grès le lendemain !





Et, il faut le dire, le dépucelage de la fissure se fait dans la douleur. Avec Mimi nous nous échauffons dans une fissure courte cotée 5.10- pendant que les copains s’échauffent pépère dans Scarface, LA ligne du secteur !

S’ensuit une superbe envolée dans un 5.10+ où on a désormais plus le choix, si on veut avancer, faut verrouiller les doigts, mains, poings, pieds dans cette fichues fissures qui nous écrase, nous tord les articulations. Lors de ce premier jour et de ces premiers verrous je m’écrase tellement les doigts que ma main me fait toujours mal au moment où j’écris ces lignes, soit près de deux semaines après. Il va falloir faire avec car le potentiel de ce site est sans limite et je ne peux pas m’arrêter après seulement une journée !


Lien de la vidéo ici

Le soir nous nous retrouvons tous autour d’un feu géant, nous entrainant à tirer à la carabine à plomb d’Enzo et aux lance-pierres d’Etienne, François et Fab. Car oui, Thanksgiving approche et ils veulent chasser la dinde !





Le lendemain rebelote, nous filons en direction du secteur Optimator (4x4 obligatoire pour y accéder, mais on ne nous l’avait pas dit, alors notre citadine a fait l’affaire.. !) où Enzo prévoit de grimper la voie du même nom, un magnifique splitter de plus de 40m coté 5.13 (7c+ / 8a). De notre côté nous nous échaufferons dans une fissure à mains cotée 5.10 mais plus teigneuse qu’il n’y parait !
La journée se passe donc tranquillement, passant d’un secteur à l’autre, découvrant ce nouveau style d’escalade et essayant de se faire de moins en moins mal dans les verrous.



Le troisième jour je laisse l’équipe des Nograders pour partir avec trois français rencontrés sur le spot grimper la North Six ShooterTower (plus connue comme étant la fameuse tour de la publicité Marlboro) pour grimper la face Sud et sauter depuis le sommet.

Ma main me faisant trop mal je ne peux grimper, idem pour un des trois autres frenchies, comme par hasard celui qui doit sauter avec moi. Les grimpeurs poseront donc des cordes statiques pour les BASEux ! Une fois en haut on prend 5min pour admirer la superbe vue sur Canyonlands, puis c’est le moment de se préparer car le vent se lève ! Les copains grimpeurs sont déjà descendus en rappel, plus le choix, il faut sauter. On trouve un bon exit, on jette un caillou, ça tape à 4...

Le topo annonçait 80m de haut pour la voie, mais avec des zig-zags. Vu d’en haut, on penche plus pour 65m, 70 à tout casser. On se rassure comme on peut (lui comme moi ne sommes pas habitués des sauts bas) : « y’a du talus, on va être dans la strat’ ! ».

On attend quelques minutes, on compte la durée des accalmies entre deux rafales, puis c’est parti : Luc s’élance en premier, et je le suis dans la minute qui suit. Effectivement y’a du vent, sous voile c’est pas la joie mais ça fait, et on pose à 500m de la voiture quand les autres mettront une bonne heure à redescendre !

Saut au réveil : lien de la vidéo ici

Retour le soir même à Moab pour attaquer les préparatifs pour le montage du Space Net : Thug Mansion de son petit nom.
Finalement la journée du lendemain, samedi, sera consacrée à la highline, l’installation étant reportée au lendemain. Nous nous retrouvons donc tous au Fruit Bowl Théo Guillaume Rolland, Antony Newton, Mimi Guesdon, Mathieu Pertus et moi pour highliner dans ce superbe cadre.
Anto s’envoi la 160m aller-retour, Mimi et moi mettons quelques essais sur la 100, pendant que Théo passe son après-midi à danser au bord de la falaise !
Le soir Théo et moi partons à vélo manger un hamburger à la brasserie de Moab, fin novembre la nuit dans le désert, ça caille !!! On devra tricher pour que Théo qui a oublié sa carte d’identité puisse boire une excellente bière, brassée sur place, au fond du bar !




Le lendemain c’est le grand jour : une centaine de personnes sont présentes pour participer à l’installation des deux filets !

  • Première étape : désinstaller les highlines en place
  • Deuxième étape : préparer le filet au sol, « enkiter » les sangles, briefer tout le monde et répartir les équipes
  • Troisième étape : balancer tout ça dans le vide !
Le résultat est bluffant ! Incroyable ! Voir cette énorme installation prendre sa place dans le vide est vraiment « amazing » !
Après d’ultime réglages Andy s’élance en premier sur un des brins, traverse les 60m jusqu’au premier petit filet, le traverse, puis se rend sur la « floating line », celle qui relie les deux filets et qui n’a aucun ancrage fixe ! Magnifique ligne, une des plus belles qu’il m’ait été donné de marcher, mais ça, ce sera pour plus tard... !


Thibault Cheval



Photos : Chris Hoyte, Elliott Natz, Faith Dickey, Forrest Kaye, Thibault Cheval

10 déc. 2015

Part 2 - Le Pérou et l'espagnol, 2 choses inconnues - Quentin Bischoff



Suite à la highline de Hatun Machai, Hugo me propose un nouveau plan un peu plus près que le précédent. Ni une, ni deux, j'accepte et pars le lendemain vers 6h pour Cerro Azul. Nous voilà arrivé dans une petite bourgade au bord de l'océan bien tranquille où on s'arrête faire des provisions et manger le petit déjeuné à base jus d'orange et de sandwich à l'avocat (c'est pas les même que chez nous, ils sont tellement meilleurs…).
On se gare un peu plus loin sur la plage, se charge comme des mules et c'est partis.

Arrivé au spot, c'est plutôt pas mal, y a pas mal de possibilités. On a prévu d'ouvrir une 45 mètres pour la journée qui a l'air évidente. Arrivé de l'autre côté je perce 2 points, petit bunny et je descend voir l'état de la roche. Pas de problème ça bougera pas, je commence à percer le premier trou mais la mèche est très usée puis la batterie faiblie et s'arrête.
Quoi?! Y a pas d'autres batteries? Je suis mort de rire. Quelle organisation. Je remonte et puis on décide d'aller poser une waterline pour la journée et d'y retourner quand nous aurons un perfo en meilleur état.

On remballe et Hugo m'explique qu'il y a un ponton qui forme un virage sur la mer et qu'il suffit d'installer la ligne dans ce virage. Easy. Il fait froid et gris et tout le monde propose l'idée du leash.
Ouai pourquoi pas? Mais alors on met la ligne le plus haute et la plus longue possible, 70 mètres. Le spot est très couru par les surfeurs, les vagues sont belles, imposantes et se déroulent doucement. Elles vont surement nous titiller l'esprit et caresser nos pieds.

Aussitôt dit aussitôt fait. Un néophyte tout habillé se porte volontaire, on sourit tous à l'idée de savoir si il va toucher l'eau. Une horde de badauds s'installe pour le spectacle. Premier leashfall. Ouh, c'est pas passé loin. Hugo y passe également marche un peu et racle la tête dans la flotte. Il se relève, enchaîne encore quelques runs et revient trempé.


C'est à mon tour, la sangle est bizarrement tendue. Elle vibre tout du long et ne me laisse aucuns repos. Je craque au 2 tiers et passe à la flotte. Je finis la traversée et tente une expo bounce au milieu du retour. Je tiens et repars content.

Tout le monde s'y lance, on passe notre journée à rire et à grelotter. Plus tard le vent se lève et fait chanter la sangle. Les vagues grandissent, et les surfeurs fuient. Je tente une dernière tentative. A mon grand étonnement ça se marche, les vibrations duent au vent annulent les autres vibrations. Il suffit de tout absorber avec le bas du corps. Les vagues se font entendre au loin derrière annonçant l'inexorable collision. L'eau frappe le ponton et m'éclabousse. Le temps a une allure menaçante. Je tombe déstabilisé par un chassé de l'océan. Ca devient n'importe quoi, le courant me tire accroché au leash. Je remonte assis et fait maintenant face au barres de remous qui avancent vers moi. Je me lève juste avant une vague pour plier les jambes, passer au dessus et garde le bounce pour exagérer le mouvement et tenter ma chance avec la seconde vague. Je réessaye jusqu'à ne plus pouvoir. C'est tellement fun.




On décide de désintaller, se réconforter avec un bon cebiche (poisson crus cuit au citron). Le soleil revient pointé son nez pour un magistral couché de soleil.

La semaine suivante, nous revenons cette fois avec Steeve (un slacker du Nevada), Pepe qui nous accompagné à Hatun Machay et Hugo chargé comme des mules . On décide d'emblée d'installer 90 mètres.



Je me lance le premier et la flash aller-retour avec même un peu de bounce au retour. Je suis aux anges, la ligne ne me fait plus peur. Hugo s'y lance il a plus de mal, mais en marche une bonne partie. Les deux autres compères n'y mettent pas les pieds. La sangle est agréable, pas de vibrations parasite ou très peu. Je marche et en profite beaucoup. C'est un plaisir de baisser mon regard sur les vagues qui me passe dessous. C'est une bonne journée ensoleillée qui se finit à la terrasse du restaurant où on est allé se restaurer la semaine précédente.





Le lendemain on installe 80 mètres moins tendu, il ne fait pas très beau. Mes bleus me font souffrir, ce qui ne m'empêche pas le Onsight Fullman. C'est un peu la journée de break. Entre temps, on se fait virer par la gardienne du ponton, sans autorisation impossible de continuer.
On missionne Steeve et Hugo d'aller voir la police locale. Ils reviennent 30 minutes plus tard une bière à la main, apparemment les policiers les ont encouragé à continuer et leur ont payé un coup. Sympa l'Pérou!
Retour à la case restaurant fruit de mer comme tout les soirs, un petit pisco et dodo.

En ce dernier jour, nous décidons d'installer 50 mètres pour que Pepe et Steeve aient un peu plus de chance, pour la surtendre et tenter quelques nouveaux tricks. Avant la tension je décide d'y faire un tour. C'est pas si dur mais les vagues ont vite raison de moi. Une fois la tension faites j'y retourne et commence à bouncer. Hugo enchaine cette fois sans baudrier, il la flash sans trop de difficulté. Ca me tente mais j'imagine la chute et le retour en France plus tôt que prévu… Ce sera pour une autre fois.
Steeve serein se lance avec vêtements et mp3. On le regarde un sourire au coin de la lèvre, un faux mouvements et c'est le leash! Puis un second leash, il a l'air secoué. Pepe se prépare et se lève enfin, c'est une grande victoire pour lui.



Hugo me propose alors un challenge, celui qui fera le plus de rebonds en expo face à l'océan, on parie une bouteille de Pisco (un alcool local de 40 à 43 degrés, une vrai institution ici).
Je me lance le premier, bounce le plus possible et me tourne face au paysage. Je tiens 2 rebonds et chute. Je me relève, recommence et cette fois enchaîne 5 rebonds. C'est vraiment fun, on se retrouve par moment dans des positions inexplicables mais il faut tenir bon et resté serein.
Hugo, déterminé, se lance et enchaîne 4 rebonds, retente plusieurs fois mais plus rien y fait. Il s'avoue vaincu.




Avant de désinstaller, j'essaye de bouncer jusqu'à tomber. Je commence doucement, me détend et amplifie le mouvement. Je ne suis jamais allé aussi haut, j'en ai des hauts le coeur, je fais les grands yeux et frappe l'eau avec ma voute plantaire.
Je me sens léger, par moment je ne ressens pas de peur et baisse les bras pour me faire rappeler par la tension exercée dans mes chevilles lors de la descente.
Tout finis par la chute de mon corps éjectée et tournoyant autour du leash qui se redéroulera dans l'autre sens après l'impact. C'est la fin de ces 3 jours, nous partageons la bouteille de pisco et discutons de projets. L'idée d'aller faire de l'Andinisme pendant mes 2 derniers mois se précise un peu plus. Hugo me propose de louer un pied à terre à Huaraz avec lui pour s'acclimater à l'altitude et commencer s'attaquer au sommets environnants pour doucement mais surement faire des repérages…

En attendants, je pars découvrir l'Amazonie rejoindre Iquitos l'insulaire. Cette ville n'est accessible qu'en bateau ou en avion. Je rencontre quelques slackeurs locaux, ils n'ont qu'une jump. Je m'amuse avec ma reggae de 35 mètres quand le soleil se couche.
L'air est lourd, il fait une chaleur à rester dans son hamac. J'y reste 6 jours et décide de prendre le bateau qui mettra 5 jours et 5 nuits à descendre les 1500 kilomètres qui sépare Iquitos de Pucallpa. D'ici peu j'essayerai d'en faire un récit, c'est une riche expérience en matière de rencontre et de choque des cultures. Dans une semaine je retourne à Lima, on a déjà prévu de retourner faire de la water.




Récit et photos : Quentin Bischoff
Son Blog Photo ici