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| La Brêche, LA VACHE ! |
Commençons
par une coïncidence basée sur une légende. Ma première highline, ou du
moins la première que j'ai traversée, était au dessus de Grenoble, sur
le site des trois pucelles. Pourquoi ce site s'appelle-t-il ainsi ?
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| Roland, bronze à la cool |
Dans une énième version de la légende, les quatres soeurs, filles du seigneur de Naves,
tombent amoureuses de Roland de Roncevaux, devenu un héros pour avoir délivré le
Dauphiné envahi par les Sarrasins. Mais, le conte de fées n’est pas au
rendez vous et cet amour brise le destin des quatre soeurs. Selon
les interprétations, elles seront pétrifiées par la jalousie, faisant
chacune le voeu de voir ses soeurs statufiées plutôt qu’unies à Roland,
ou par le chagrin, Roland, déjà engagé, refusant de s’unir à l’une
d’entre elles. Quatre soeurs pour les 3 pucelles, comme les 3 mousquetaires en fait. Sacré Roland. Je m'égare.
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| A l'Est, belle journée |
Bref
me voilà parti pour ma dernière grosse highline en date, avec ma fille,
sa grand mère, le chien de ma soeur parti avec son mari faire de la
highline au mexique gardé par notre mère. Où ça ? Là où Roland fit
encore parler de lui, toujours avec un objet long et contondant, mais en
acier trempé : Durandal.
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| Côté Espagnol, chill time |
Selon la légende et wikipedia, la brèche fut ouverte par Roland, le neveu de Charlemagne, alors qu’il tentait de détruire son épée Durandal en la frappant contre la roche à l’issue de la Bataille de Roncevaux.
Voyant qu'elle ne cassait pas, il l'aurait envoyée de toutes ses forces
dans la vallée et elle se serait fichée dans une falaise à Rocamadour dans le Lot. Sacré Roland.
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| Un bel ancrage pour une highline : 1 Durandal, 1 Piton, 1 chaine |
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Bref au passage, l'épée aurait lardé la frontière
franco-espagnol d'une large entaille de 70m de haut pour 70m de
large.... à 2800m d'altitude. A réaction la Durandal. Mais je m'égare
encore.
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| Gauthier pour un essai de principe ! |
Y aller poser une slackline ? 2 ou 3 ans que nous y pensions
avec les zozos
Skyliners, sans toutefois y mettre assez d'energie car
les Pyrénées, c'est bien loin des Alpes, et c'est plus petit en plus.
Mais comme tout ce qui est petit est mignon, l'équipe de furieux (oui
oui) de Pyrénaline nous mis un ultimatum commun. Nous irions faire la
highline ensemble en automne de cette année. Rendez vous était pris avec
la légende, pour la contempler et l'écrire (oui oui).
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| Adrien, qui la tient ! |
Et bien, c'est beau, c'est gros, c'est long, il fait chaud,
l'anticyclone nous offre LE créneau parfait pour passer 2 jours de
rêves. Question équipe, je serai le seul représentant des Skyliners, et
Pyrénaline se trouve privé de leurs meilleurs slackeurs : Gauthier est
apparement tombé lourdement 2 fois sur les fesses en s'entrainant la
veille et a terriblement mal au c... et Paulo s'est apparemment cassé un
doigt en attérissant mal en parachute.... Etonnante coïncidence,
excuses moyennes, ceci ne nous regarde pas. Toujours est-il qu'ils me
mettent gentiment la pression pour que je passe la ligne, moi qui ai
pris une retraite bien méritée de la course à la longueur...
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| Un essai trop mou |
Un lundi magnifique nous permet d'atteindre la brêche.
Bastien
et Guillaume (l'érudit qui nous contera la légende tout en grimpant en
terrain varié) nous montent la corde côté est, dans une face nord
suffisamment raide pour être considérée comme déversante.
De mon côté, je me charge à l'arrache de trouver comment aller sur
le côté ouest, via une épaule péteuse de rocher qui me laissera passer
sans trop de problèmes. Il est déjà tard, le rythme
espagnol nous ayant envahi autant que la chaleur qui règne du côté sud
de la brêche, nous avons à peine le temps de nous pendre dans le baudrier pour
mesurer la ligne et trouver un endroit où équiper, qu'il faut que je
redescende coucher ma petite. 45mn de course à pied en descente, 30min
de voiture. Demain je remonterai. Les autres dorment au refuge de la
brêche, dont les gardiens ont bien compris que quelque chose se passait
là haut.
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| Une ligne à plat c'est mieux quand même |
Le mardi est encore meilleur. Seul ombre au tableau, je
dois partir vers 14h. Alors je monte au pas de course pour arriver vers
9h30 à la brêche. Toute l'équipe a bien avancé, il ne reste qu'à tendre
la ligne. Gauthier s'y colle, le temps que je jumarde pour le rejoindre.
Deux trois ajustements plus tard, la ligne est prête, tout le monde
fait du jus dans la culotte, bref c'est à moi que revient l'honneur de monter sur cette ligne.
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| Fred Marie prend de bien meilleures photos que nous du bas à cet instant |
On a fait les choses bien, la double Moonwalk est évidemment facile
à passer toutes proportions gardées. Reste juste à trouver le bon laché
prise. Se stresser un peu pour ne pas tomber sans trop le faire pour ne
pas se crever. L'altitude ne facilite pas les choses, mais l'atmosphère
estivale et l'absence de vent ferait presque croire que cette
expédition est facile. 10 degrés de moins et 10km/h de vent de plus, on aurait moins fait les malins.
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| Scandaleux en T-shirt à 2800m ! |
Voilà, c'est fait, 2 aller/retours pour me chauffer, et
le 3ème est le bon. Les 72m passent bien, surtout au retour (certains
auraient pu prendre une photo pour "randonnée magazine"). Saloperie de
cerveau qui dès qu'il sait qu'il peut faire quelque chose le fait
facilement. Ca laisse du travail pour plus tard, en attendant, les 10h
de route pour rentrer chez moi avec ma tribu auront raison de mon
energie dans cette folle semaine qui finira en apothéose aux Tours
Mercuriales. Mais ceci est une autre histoire.
J'abandonne donc toute l'équipe en haut de la brêche, et
leur doit bien un énorme merci pour toute l'énergie qu'ils ont passé
pour installer, et désinstaller. Donc : MERCI
Pyrénaline !! Et Banzaï !