Qui sommes nous ? About ?


All about balance. Tout est une question d'équilibre.
Cette phrase illustre Slack depuis ses débuts en 2005.
Alors que personne n’avait entendu parler de sangle molle, Damien Mercier décida de pousser le slackline vers les projecteurs en créant la marque Slack et le site www.slack.fr, ainsi que la boutique en ligne de slackline. Vous êtes ici sur notre blog.

Affichage des articles dont le libellé est Thibault Cheval. Afficher tous les articles
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16 nov. 2016

Part 3/3 - La Team Slack.fr au Maroc pour un projet pas comme les autres

Dimanche 25 septembre 2016

Quentin qui s'aère les aisselles et Nicolas qui vient de faire tomber sa Gopro

Lendemain matin Mohamed Bischoff (Alias Quentin) et moi même (Nicolas Margaron), partons pour installer la 100m à côté du gîte qui sera La ligne qui nous servira de training pour la fin du séjour.
Le passage de ligne fait, Bibich fait le premier essai et nous rentrons.


une ligne de 100m pour le "training" : easy...

Le jour suivant Mimi et Clément partent en direction de la 300m pour la quelques jours de bivouac au pied de la ligne.
Pendant ce temps Manouche, Nastro, Brice et Thibault Cheval partent sur une grande voie du nom de Rivières Pourpres, une voie majeur de 800m à Taghia, qu'ils finiront à la tombée de la nuit. Ils rentreront à la frontale jusqu'au gîte le soir même.
Comme la plupart des dîners, le repas se compose de soupe, tajine de légumes avec très peu de viande et des fruits en dessert.



Lundi 26 septembre

Lundi, c'est le souk à Zaouiat. Départ à neuf heures du gîte en direction du village où se trouve le souk, qui est à 2h30 de marche. Nous rejoignons toute l'équipe au bar du village, un coca frais nous y attend dans la plus grande simplicité des choses.
Dans ce souk on trouvera des réparateurs de chaussures qui vous proposeront pneus neige, pneus été, pneus cloutés, à vous de choisir. Des vendeurs de graines, des vendeurs de poisson, des vendeurs de rêve!
Midi, nous prenons la direction de Taghia pour rentrer au gîte et finir l'après-midi sur un secteur de couenne avec Doune, Ju et Quentin.



Mardi 27 septembre

Boris et Manouche partent pour une expédition de deux jours dans le canyon de TarjaOula. Une voie de 900m les attend. La plus grande partie de la voie est en trad, dans le niveau 7a mini et un toit en pleine voie de plus de 15 m d'avancer!
Ils auront des surprises pour poser leurs coinceurs en toute sécurité... 



Mais si ce n'était que ça, ce serait trop facile! Le toit se finit sur une fissure...

#10 : bien sûr, ils y passeront la nuit sans même pouvoir se retourner pour se poser à peu près correctement. Donc autant dire que la nuit fut courte et fatigante...

On les retrouvera au gîte le soir suivant épuisé, mais heureux comme jamais d'avoir pu faire cette voie en trad.
La fin de semaine se consumera de randonnées plus ou moins dangereuses de passages berbères chaotiques, de grandes voies plus belles les unes que les autres, avec des roches différentes et abrasives à souhait!
                          
Nicolas bien chargé sur les chemins suspendus old school de la région

Lundi 3 novembre

Le lundi suivant Boris, Manouche, Fred et Nastro décident de partir pour deux jours de grimpe avec bivouac dans le canyon. Avant le départ, Jamal patron du gîte, propose pour leur retour, d'aller chercher une chèvre chez le meilleur éleveur du coin pour leur préparer un repas digne de leur expédition.

Leur départ se fera tôt le matin. Ils partiront pour une randonnée de deux heures, qui les mènera à une maison en plein dans le canyon où un paysan berbère les accueillera pour les héberger.
Sauf que voilà, parti dans une grande voie en deux cordées, ils la finiront de nuit.

#11 : L'aventure commence, ils vont se tromper de chemin sur le retour...

Ils vont marcher pendant des heures à la lumière de la frontale sur des chemins escarpés très dangereux, sans jamais retrouver leur chemin. Ils décideront donc de dormir dans le canyon, en attendant le jour.
Mais là, les premiers bruits retentissent...

Il se trouve qu'ils tournaient apparemment autour d'un village de nomade éleveur de chèvre. Ils les ont pris pour des "esprits voleur de chèvre".

#12 : Les berbères les ont donc attaqué en mettant le feu à des buissons pour les déloger, et à leur tirer dessus des cailloux à la fronde qui leur ont frôler les oreilles!

Jusqu'au moment où Boris décide courageusement de se rapprocher des adversaires pour aller entamer la discussion. Qui va vite tourner en rond car personne ne se comprend...
Les minutes passent, les tensions se calment, et un des berbères commence à comprendre que ce ne sont que des touristes qui sont perdus. Ils finiront par leur offrir le thé et des couvertures pour la nuit et s'excuser. Tout est bien, qui finit bien.


De retour au gîte avec toute l'équipe fatiguée comme jamais, nous nous retrouvons autour d'un thé, une assiette de miel, une assiette d'huile et des souvenirs plein la tête en attendant le retour de Jamal et la chèvre tant attendu pour le repas du soir.
Jamal fait son arrivée avec la chèvre sur les épaules, après quelques caresses, kwick la chèvre! Elle se retrouve rapidement sur la grille du barbecue pour en ravir plus d'un !

Mercredi 5 octobre

La fatigue commence à se faire sentir pour tout le monde et le départ commence à se faire proche. Il se fera le dimanche suivant.
Ce matin, tout le monde prend le temps de profiter du beau temps sur la terrasse du gîte à coup de tarot, foot, Kendama, jongle et sieste tout simplement.




En fin d'après-midi, je motive Thibault, Louis et Ju à monter du côté de la 40m, pour la démonter et en profiter une dernière fois. Thibault en profitera lui, pour se faire un dernier saut de BASE. Il effectuera son posé sur le toit du gîte. Même si ce fut tout juste, la classe!

Taghia 2016 from Thibault Arrappiccatu on Vimeo.

Les derniers jours se feront à la cool ,jusqu'au samedi ou le démontage de la 300m est prévue.
Nous partons avec Mimi, Clem, et Quentin pour son démontage qui s'annonce difficile et fatiguant.
Le retour est dans un canyon pentue et glissant à cause de la pluie qui est tombé le matin.
Deux équipes, Clem et Quentin d'un côté, et Mimi et moi-même de l'autre.



Nous arrivons à la ligne à 10h. Les dernières runs se font pour le plaisir. La ligne commence à être détendue, et voilà le vent sen mêle de plus en plus.
La galère commence. Les bras nous manquent et nous frôlons l'accident quand une rafale emporte la sangle que nous avions près des pieds.
Nous avons été obligé de lâcher la sangle quitte à la perdre... Par chance, tout se finira bien et nous arriverons à démonter cette 300m qui n'aura pas été passée. Malgré de très jolis runs de Mimi et Clèm (2 catchs) tout au long du voyage.

Retour au gîte, dernier repas avant de repartir pour le nord du Maroc où nous attend notre bateau pour rentrer en France la semaine qui suit.

Dimanche 9 octobre

Les sacs sont faits, c'est le temps des derniers câlins et au revoir. Les mules sont chargées, retour à la civilisation.
En camion avec Mimi, Thibault, Louis, Clem et Quentin pour Chefchaouen où nous allons passer deux jours dans un gîte au pied de falaise et de chant où Mimi et Thibault sont déjà passés à l'aller.


Jeudi 13 octobre

Nous voilà dans le ferry pour le retour qui clôturera un voyage que l'on n'oubliera pas de si tôt. Les paysages magnifiques, l'accueil de la communauté sur place, le partage des connaissances avec ces berbères qui nous aurons étonnés tout au long du voyage par leur gentillesse et leur accueil.





14 nov. 2016

Highline entre 2 parapentes : "Bob' je quitte le navire" - Thibault Cheval

Teaser - Bob' je quitte le navire from Goupil Studio on Vimeo.

Posé dans un champ à Ailefroide, profitant d’une journée de mauvais temps pour me reposer entre deux ascensions dans les Ecrins, je repense à ce projet un peu fou et à toutes ces journées passées en l’air avec des gens passionnés, mobilisant toute leur énergie dans la réalisation de ce rêve.

Et de me demander comment naît une idée? Un projet? Un rêve?

De gauche à droite, Eliott Nochez, Thibault Cheval et Julien Millot

Au fond je connais la réponse à cette question: pour moi tout commence fin 2011 quand je tombe sur un film d’à peine une demie heure qui va pourtant changer profondément ma vie.
On y découvre deux copains suivant leur rêve, marchant sur des sangles tendues au dessus devides immenses dans le Verdon, sautant du haut de falaisesvertigineuses en Norvège, vivant simplement, libre et heureux.
Avant le début du générique de fin, le virus s’était insinué en moi. 

Quatre ans plus tard, je marche sur des sangles haut perchées depuis déjà quelques temps et je commence à me jeter du haut des plus belles falaises de France: Verdon, Vercors, Maurienne, Ecrins… le virus contracté 1460 jours plus tôt s’est bien développé et je consacre désormais mon temps à l’ascension de magnifiques sommets, à la traversée de ces sangles, nouvelle forme de funambulisme appelée slackline, ainsi qu’au BASE jump, version montagnarde du parachutisme.


C’est alors que des idées commencent à germer, toujours inspirées par cette bande d’agités qui s’obstinent à repousser les limites de ces sports en les mélangeant savamment à l’humour et l’art.
Parmi ces idées, une me laisse plus souvent éveillé au milieu de la nuit: et si l’on tendait une slackline entre deux parapentes et que l’on essayait de la traverser, seulement sécurisé par un parachute?


Rien de tel qu'un bon dessin bien technique, pour preparer une bonne cascade!

C’est le genre de projet qui me fait le plus vibrer, alliant le plus de discipline possible (slackline, BASE jump et parapente), avec un haut niveau de technicité (les pilotes de parapentes doivent être incroyablement précis et le slackliner très doué) et une coordination parfaite entre tous les protagonistes.

Les premiers amis parapentistes à qui je parle de cette idée sont tous unanimes: en terme de mécanique de vol, c’est impossible. 
Loin de me laisser abattre, je continue d’en parler autour de moi, cherchant des parapentistes susceptibles de croire en ce projet.

Je finis par en parler à une amie qui me met immédiatement en contact avec Eliot, excellent pilote de parapente acrobatique, qui monte de son coté un projet à base de tyroliennes et de pendulaires volant. Il est immédiatement séduit par l’idée et me propose de le rejoindre pour monter ensemble ce cocktails de nouvelles idées. 


Eliot Nochez (en bleu) et Thibault Cheval fiers comme des coqs de leur projet

Peu avant le début de nos premiers essais je passe un coup de téléphone à celui que je considère comme mon « mentor », tant en slackline qu’en BASE jump, et qui a l’habitude de ce genre d’acrobaties pour en avoir déjà réalisé beaucoup.
Il clôt la conversation sur un ton plus que sceptique, disant, comme tous les autres, que c’est mécaniquement impossible.

Conversation immédiatement suivie d’un SMS disant: 
« Prouve moi que j’ai tort, allez-y à fond! Je paye ma tournée si ça marche! »
Il n’en fallait pas plus pour finir de me motiver!


Julien Millot : « Prouve moi que j’ai tort, allez-y à fond! Je paye ma tournée si ça marche! »

Vient le moment de prendre la route jusqu’à Chambéry pour rencontrer Eliot et les membres de l’équipe. Le courant passe tout de suite bien, Eliot est une véritable pile, toujours en mouvement, toujours motivé.
Le lendemain, après un petit détour par les bureaux de Slack.fr pour récupérer les différentes sangles, cordes, poulies, mousquetons qui seront nécessaires à nos cascades respectives, direction le Col de la Forclaz pour les premiers essais.




Premiers essais qui seront orientés sur la slackline car c’est elle qui demande la mise en place la plus complexe.
Le premier essai n’est pas très concluant. Effectivement une fois la ligne mise en tension et le slackliner dessus, les parapentes ne volent pas très bien… Selon Eliot cela vient du fait que les deux parapentes ne soient pas du même modèle. Le problème est rapidement réglé lorsque Advance (l'un des sponsors du projet), nous envoi un deuxième parapente, identique au premier.

Deuxième essai. C’est mieux, les parapentes sont plus stables, je peux même essayer de me lever, mais ce n’est pas encore ça… 
Sur les quelques jours de cette première session d’entrainement nous réaliserons quatre tentatives avec la slackline, peaufinant à chaque fois la technique, pour qu’au final, au quatrième essai je réussisse à me lever, à tenir quelques secondes en équilibre avant de chuter de 500m et de déployer mon parachute. 

Du coté des parapentistes tout va pour le mieux et ils sont plutôt optimistes: les différents réglages qu’ils ont trouvé leurs permettent de voler de façon stable tout en maintenant une certaine tension dans la sangle.
De mon coté ce n’est pas aussi simple car même si les parapentes sont stables du point de vue du vol, de mon point de vue cette stabilité est toute relative car le moindre de leur mouvement se répercute sur la ligne. De plus, visuellement c’est de loin la ligne la plus impressionnante que j’ai jamais tenté de traverser.


petit aperçu d'un leash fall en solo

Imaginez vous à 800m du sol, assis sur une sangle de 2,5cm de large accrochée entre deux parapentes qui avancent à plus de 30km/h, induisant des mouvements complètement imprévisibles dans la slackline.
Vous y êtes? Très bien.
Maintenant essayez de vous mettre debout et de tenir en équilibre ! 
Un long travail, à la fois technique et mental, m’attend…

Avec le planning d’entrainement des parapentistes et le fait que je me sois blessé en montagne, nous mettrons plus d’un mois et demi à revenir essayer de réaliser tous ces projets.

Cette fois, rendez-vous aux Saisies, station de ski du Beaufortain qui nous offre un terrain plus propice à la mise en place de nos acrobaties, notamment en terme de hauteur. Et pour ne rien gâcher le Mont Blanc sera notre toile de fond.
Pour des raisons de timing, nous serons déjà accompagnés de l’équipe vidéo et photo qui doit nous aider à retranscrire en images cette aventure. La pression de réussir chaque vol, chaque tentatives se fait encore un peu plus importante.

Dans l’équipe nous pouvons compter sur les frangins Boris et Pierre-Emilio, qui voleront ensemble et réaliseront les prises de vues vidéos, avec Boris au pilotage et Pierre-Emilio derrière l’objectif ; sur Manon et Alexandra pour le biplace photo, ainsi que sur Hugues et Julien comme pilote pour les parapentes servant de base à nos cascades.



Pendant trois jours nous enchaînerons, en pleine canicule, quatre à cinq vols par jours, avec à chaque fois pas moins de quatre parapente biplace à gérer en l’air: un biplace vidéo, un biplace photo et deux biplaces sur lesquels se déroulent les acrobaties. 
C’est Eliot qui définit à chaque fois le plan de vol de tout ce beau monde, essayant d’anticiper les positions de chacun en fonction du poids et du matériel, pour qu’équipes photo et vidéo ne se gênent pas et que les deux biplaces-cascades soient bien placés par rapport au décor, pour faire de belles images.


En terme d’installation, deux cas de figures se présentent:

1)  Lorsque Eliot effectue une de ses cascades, tyrolienne ou pendulaire, il décolle avec Hugues, tous deux sous le même biplace. Julien, lui, décolle seul, avec la corde rangée dans un sac accroché à la sellette du parapente. 
En l’air, Julien laisse pendre la corde sous son parapente, et le binôme Hugues-Eliot se charge de la récupérer. 

Une fois récupérée, si l’idée est de faire une tyrolienne, la corde est attachée sur la sellette d’Hugues, la liant ainsi à celle de Julien. Eliot vient ensuite attacher sa voile, rangée dans un sac appelé Direct-Bag, sur une poulie qui coulisse sur la corde. Il se largue ensuite du biplace, laissant Hugues seul, glisse le long de la corde, avant de laisser sa voile sortir du sac. 

S’il s’agit d’un pendulaire, la corde est directement attachée au Direct-Bag, Eliot se largue ensuite du biplace, effectue un immense pendule sous le parapente de Julien, avant de laisser sa voile sortir du Direct-Bag.


Pendulaire avec le Direct-bag

2) Lorsque j’effectue une acrobatie, je décolle avec Eliot en biplace pendant qu’Hugues ou Julien décolle seul, avec la sangle ou la corde, selon que j’essaie de marcher sur la slackline ou que je fasse une tyrolienne, rangée dans un sac accroché à la sellette. La connexion entre les deux parapentes s’effectue ensuite de la même manière qu’avec Eliot, et ensuite c’est parti ! 


Par mesure de sécurité toutes les installations sont largables, ce qui signifie que si, une fois les deux parapentes connectés par la corde/sangle, quelque chose vient à mal se passer, il suffit de larguer l’installation pour que la situation revienne à la normale.

Eliot en session d'accro

Au terme de ces trois jours, Eliot aura réalisé tous ses projets sans encombres et j’aurais pu faire six nouveaux essais sur la slackline, portant à dix le nombre total de tentatives. 
Et en dix essais, ma meilleure performance aura été de réussir à faire un pas, et à tenir six secondes debout en équilibre. Les progrès sont lents, mais les conditions en l’air sont chaque fois différentes ce qui complique la progression. De plus, le fait de n’avoir qu’un essai par tentative n’aide pas. Effectivement, une fois debout sur la sangle, il est extrêmement difficile de se rattraper à la ligne lors d’une chute.

Après trois jours aussi intenses, il ne nous restait plus que deux vols a effectuer pour boucler le projet et le tournage. 

Et c’est juste avant le décollage du deuxième et dernier vol qu’une mauvaise nouvelle nous tombe dessus. La voiture a été cambriolée, et les voleurs sont partis avec une grande partie du matériel vidéo, les ordinateurs et tous les disques durs comprenant vingt ans d’image pour Eliot, ainsi que toutes les images tournées ces trois derniers jours.




D’abord sous le choc, puis complètement dépités, nous avons d’abord pensé tout laisser tomber Eliot devait retourner s’entrainer pour les compétitions à venir, je devais retourner en montagne, les copains n’étaient plus forcément disponible, tout semblait nous inciter à passer à autre chose. 

Mais après quelques jours de repos, une fois les idées remises en place, Eliot me rappelle. Finalement, on repart tourner toutes les images perdues. La rage de s’être fait voler le fruit de notre travail l’a emporté sur les emplois du temps chargés. 
Les amis présents lors du premier round ont presque tous répondus présents, et nous sommes retournés passer trois jours absolument inoubliables dans les airs. 



Et vous savez quoi? On a fait encore mieux que la fois précédente et Julien a bien du payer sa tournée! 


8 nov. 2016

Réunion développement matériel avec la Team Slack.fr

Après plusieurs mails sans réponse, une date est fixée pour réunir la Team Slack.fr dans nos bureaux afin de discuter développement matériel. Ce fut le samedi 5 novembre.

Studieuse, la Team Slack.fr en pleine réflexion

Nous avons voulu rassembler une grande partie de la Team afin qu'ils nous fassent remonter leurs impressions d'experts et de pratiquants quant à l'utilisation de notre matériel.
Mais aussi vos retours, ce qu'ils entendent lors des sessions ou de discussions avec vous. Ce qui va, ou ce qui va moins bien...



Bref, nous aider à ne pas rester dans notre tour d'ivoire de fabricant de slackline (bien que nous ne soyons qu'au premier étage), et ne pas nous déconnecter de la pratique actuelle et de l'évolution de la discipline.

Julien dans notre tour d'ivoire, extrait de nos aventures : Slackline Pirates Ep 1

Pour les appâter, rien de très compliqué :
  1. Promettez-leur un bon petit déjeuner avec croissants, pains aux chocolats, café, thé, etc. Ca fait passer l'heure matinale du rendez-vous pour un samedi : 9h30...
  2. Emmenez-les dans la meilleure boulangerie de la région pour le déjeuner. Et à coup sûr, l'un d'entre eux devra y retourner pour y chercher son du, oublié par mégarde.
  3. Pour terminer la journée, laisser entendre qu'une bonne fondue savoyarde, faite avec le fromage de la coopérative du coin, est déjà toute prête et n'attend plus qu'à être enroulée autour de bons morceaux de pain pour la soirée. Bien sûr, accompagné de son petit vin blanc local.



A partir de là, avec une ambiance très détendue, cette journée s'est montrée très productive et studieuse en fin de compte.

Ils étaient quasiment tous là. Venus de Paris, Lyon, et autres contrées lointaines. Les absents quant à eux, avaient de très bonnes raisons. Difficile de réunir 13 personnes le même jour au même endroit quand tout le monde à ses obligations.




La réunion s'est donc déroulée avec Romain Billard, Romain Chagny (Tester), Florent Founau, Nathan Paulin, Thibault Cheval, Antoine Mesnage, Corentin Bruet et Nicolas Margaron. Le tout sous la houlette bienveillante des patrons Julien Millot, Quentin Rebillard et Thibaut Zwolinski.

Nous n'avons pas oublié de faire un petit coucou à l'ami Fabrice Wittner, bloqué à la maison en vue de sa future et très proche, seconde paternité!

Visio-conférence avec Fabrice

Nous leur avions prévu un petit planning tout de même afin de garder le cap et de ne pas trop se disperser. Faire chauffer les méninges, à 11, dans 20m², ce n'est pas facile.

Alors à l'aide d'un beau tableau blanc et de marker effaçable à sec, il leur a été notifié le planning suivant :
  • Matinée : bilan du matériel actuel et remontée des impressions des pratiquants
  • Après-midi : Présentaton et discussion ("scussions") autour de nos nouveaux projets de développements et prise en compte de leurs propositions de nouveaux produits.


Les idées ont fusé de toutes parts toute la journée. Les uns se jetant sur les prototypes avec des yeux d'enfants, les autres levant le doigt afin de nous faire part de leur réflexion profonde sur les caractéristiques techniques de tel ou tel produit.




Ce qui ressort globalement c'est qu'on a l'air pas mal sur les sangles.
On a des efforts à faire sur la jumpline en général.
Nos poulies fonctionnent plutôt bien avec des évolutions à apporter. Sauf la Skylab02, qui va être prochainement arrêtée.
Quant au Sladlock Power (nos bananas), des pistes d'évolutions ont été évoquées.

Des choses à jeter, d'autres à modifier, certaines à explorer plus profondément, mais un bilan final qui ne fait aucun doute : nous avons encore pas mal de pain sur la planche !

Concernant les nouvelles idées, elles sont plutôt concluantes selon nos champions de sangle molle. C'est cool! Même si, comme à chaque fois, il en faut 20 pour en retenir une qui a l'air de tenir la route.
Donc tous les prototypes ultra-secrets, discutés et modifiés, pendant des heures et des heures n'ont pas étaient vain!

L'imprimante 3D va chauffer sévère!




La conclusion de cette journée pour tout le monde, a été il me semble, de confirmer que de développer et de sortir un nouveau produit n'est pas simple.
Entre les contraintes techniques de développement, la production et la commercialisation, il faut du temps.

Ce n'est donc pas dans les prochaines semaines que les idées farfelues évoquées prendrons forme, mais bien dans plusieurs mois si tout va bien!

Fondue savoyarde pour clôre cette dure journée de travail
On leur dit un grand merci pour le cadeau découvert le lundi matin en ouvrant les stores du bureau! Ca a fait notre journée ! :-D


Thibaut Z

30 sept. 2016

Part 2 - La Team Slack.fr au Maroc pour un projet pas comme les autres


Notre aventure marocaine commence donc le mercredi 14 septembre avec de bonnes nouvelles.
Nico Macaron, après être passé par de nombreuses péripéties, nous rejoindra à Taghia d'ici une petite semaine.
Du coup on se permet de profiter un peu des environs de Chefchaouen et de l'accueil de notre ami Abdul au Café Rueda.



Nicolas Margaron, Quentin Bischoff et Mimi Guesdon

Ce gîte est situé au pied de Caiat, une immense paroi, où de nombreuses voies ont été ouverte. Thibault avec ses yeux de base-jumper pense pourvoir ouvrir un saut. Nous décidons alors de partir en grande voie le lendemain afin de repérer l'exit. Départ 8h retour à la nuit tombée.

Bonne bartas, on arrive au pied de la voie mais non sans plusieurs égratignures. On y passera un bon 7h, entre moi qui galère à passer le premier mouv, et qui ne veut pas faire de tête car on est en terrain d'aventure et le manque d'eau sur la fin, une seule envie, redescendre !!!
On sourit quand on y repense mais sur le moment, je pense que Thibault et moi même aurions aimé être à n'importe quel autre endroit...

Le repérage de l'exit sera pour une prochaine fois. Pas de soucis pour les rappels puis de nouveau une bonne bartas, on a encore loupé le sentier ! Arrivé à la rivière, petite pause baignade, on l'a bien mérité ! Et c'est reparti, toujours pas de sentier mais le camion est au dessus de nous, on traverse les champs. 

#4 - On se retrouve dans un champ d'une fleur que ne nous pouvons identifier mais dont l'odeur nous fait tourner la tête -
Jamais vu ces cultures, des plantes plutôt odorantes, nous redonnant vite le sourire et l'entrain pour finir cette marche.





Déjà vendredi 16 septembre

Il est temps de dire aurevoir à Abdul et de reprendre la route. Nous pensions en avoir pour 7h mais bon comme on dit souvent ici, tranquille !
On mettra 12h pour arriver à Zaouiat Ahansal, petit village situé dans le Haut Atlas à 2h de Taghia.

Nous nous arrêterons là pour la nuit, la suite du voyage se fera à pieds le lendemain.
Vu qu'on est pas venu les mains dans les poches, on loue quelques mules pour nous aider. En déroulant les pas, le paysage évolue, se modifie, se creuse.
Des murs orangés s'élancent vers le ciel bleu. Des figues poussent aux bords d'une petite rivière.



Nous allons directement chez Jamal et Fatima, gîte où l'on séjournera pendant 3 semaines. Ca fait vraiment plaisir de les revoir ainsi que les enfants, (j'y avais passé quelques jours l'année passée).
Nous y retrouvons Clément arrivé le matin même. Fin de journée tranquille, Thibault n'est vraiment pas très en forme.
#5 - la fameuse tourista -

Après cette semaine à voyager, nous déciderons de profiter du dimanche pour se reposer. Ça fait du bien. Le grand reporter de notre expédition, Mr MohamedBischoff nous fera son entrée
dans l'après midi, l'équipe s'agrandit.

Mr Mohammed Bischoff

Lundi 18 septembre

On attaque le repérage avec Mohammed Bischoff, Thibault et Clem.
Nous partons dans le canyon situé entre Oujdad et Taoujdad, 2 bonnes heures d'ascension pour arriver au pied du sommet de Taoujdad.

Le séjour s'annonce piquant, pour le mental comme pour le physique. Ca grimpe facile mais sans corde. Thibault finit l'ascention de Taoujdad. Tandis que Clem le rejoins, nous décidons d'aller repérer un autre spot.




Encore 1h30 de marche avant d'arriver au cirque de Tadrarate. Le vent glacé et une pluie fine
se lève. Le cirque apparaît soudain, le vide nous attire, 600m de gaz direct, ça scotch, l'approche s'annonce périeuse avec tout le matos. On garde l'idée...

La redescente se complique. Partis pour 3 bonnes heures jusqu'au village, je pense qu'on en mettra 5, peut être même un peu plus. Epuisé par la longue marche pas vraiment sur terrain plat, on se perd plusieurs fois par des chemins vertigineux.

La concentration, le physique faiblissant, la pénombre qui tombe doucement... On doute, on reste positif. Ca y est le village est en vue, mais c'est encore bien loin. L'espoir nous rend nos ailes, on en rigole encore.

On se retrouve tous au gite, au tour d'un bon tagine, pour décider des ouvertures.
C'est décidé la première et la plus grosse mission sera une belle 305m a t'en remplir les chaussettes.

Quant au projet initial, il semble difficile à réaliser, le lieu ne s'y prête pas vraiment. Je vous dirai bien ce que c'était mais je préfère le garder pour une autre fois.
Ce lieu est hallucinant, il y aurait tellement à ouvrir, avec des marches d'approche incalculable, on rentrera en France avec une caisse certaine.

Le lendemain, journée tranquille, la marche avec Bisch (Quentin) nous a bien calmé. On s'atèle à la réalisation du projet, à scotcher la sangle et le backup. La tâche s'annonce ardu.
Le seul moyen que l'on est, est de passer le ficelou en grimpant les deux faces opposées, chaque cordées reliée par le ficelou...

Presque 600m de parois, en espérant que les copains soient chauds de nous aider. Entre temps, Thibault part repérer un potentiel saut. Doune et Ju arriveront dans l'aprem tandis que Manouch, Nastro et Boris feront leur apparition début de soirée.
#6 - On croirait être presque au complet, mais Macaron... Toujours pas là, on sait qu'il est là, mais où ?!! -

On parle rapidement de nos plans aux copains et pas de soucis, ils sont chauds. On commencera l'installation dès le jeudi.






Mercredi 21 septembre

Boris et Manouch partent en grande voie tandis que le reste de l'équipe part équiper une petite 40m que Thibault à repéré lors de sa rando hier. : sur la paroi en face de chez Jamal, au dessus d'une cascade (qui ne coule pas en ce moment). 1h30 de marche d'approche, enfin si on ne se perd pas! Faut croire qu'on aime bien muler...

Arrivé en haut on y retrouve Thibault parti bien plus tôt. L'installation se fait rapidement et la vue est imprenable.
L'exposition vers toutes ces parois entourant Taghia est juste à couper le souffle. C'est une superbe introduction à ce magnifique paysage bèrbère. Chacun se fait son petit run, en prend plein les yeux, notre première highline à Taghia, Démeeeent!

La redescente se fait tranquille et sans encombre cette fois. Thibault nous rejoindra un peu plus tard mais surtout plus rapidement. Premier saut de Base pour lui à Taghia, pas loin d’atterrir sur le toit
de la maison, il se posera juste en contrebas au niveau de la rivière, in extremist...
Héhé le trip a bel et bien démarré, ça va envoyer!




18h30 : Macaron tombe du ciel.
Essoufflé, transpirant, remué, c'est pour lui le premier voyage à l'étranger. Il a le sourire et tellement de choses à nous raconter.

L'installation du lendemain s'organise doucement. Manouch et Thibault feront une cordée et partiront pour deux grandes voies sur la paroi d'Ifrig tandis que Nasto et Boris partiront en face pour plus de 500m de grande voie.
Seul problème, les deux voies ne partent pas exactement au même endroit. Reste à voir comment ils pourront faire pour que le ficelou se déroule bien et ne se coince pas.
Quant à nous, nous porterons les sacs de matos jusqu'à l'ancrage situé au pied du sommet de Taoujdad.

Jeudi 22 septembre

C'est parti!
Les gars partent une bonne heure avant nous. Une fois les sacs chargés, Doune, Clem, Bisch et Macaron repartent à l’ascension de ce canyon. C'est quand même pas la même avec des kilos sur le dos, mais bon tranquille, ça passe toujours.



Nous arriverons à l'ancrage sur les coups de midi et commencerons à voir Thibault et Manouch sur la fin de leur première grande voie sur les coups de 16h.
Pour le ficelou, ils l'ont finalement pris entièrement avec eux et doivent maintenant se décaler à niveau de la voie de Boris et Nastro pour leur envoyer 250m plus bas. Après le
troisième essai, mission réussie.

Pendant ce temps là, Nastro et Boris sont repartis chercher une corde, on commençait à grimper pour installer une corde fixe sur laquelle ils remonteront directement demain.
Ah oui, et comme on se perd pas que sur les marches d'approche
#7 - ils se sont bien évidemment trompés de voie... Limite une ouverture -
Mais bon, ça passe, ça engage mais ça passe.
Le ficelou est fixé des deux côtés, terminé pour aujourd'hui.

Pendant ce temps coco nous rejoint en haut pour nous aider à tuer le temps.

Vendredi 23 septembre

C'est loin d'être fini. L'équipe des grimpeurs repart assez tôt, nous prenons un peu plus notre temps car nous ne pouvons pas faire grand chose pour le moment.
Thibault et Manouch rejoignent cette fois la vire à pieds pour attaquer leur seconde grande voie, tandis que Nastro et Boris partent pour un petit 120m de remontée sur corde avant de poursuivre et surtout retrouver la voie initiale.

Tout à l'air de bien marcher, pas mal de vent, le ficelou les tire pas mal, mais vers 15h on voit la première cordée arriver à 10m en dessous de nous. On dirait bien que ça va fonctionner. Juste fou!
Il reste encore 2 ou 3 longueurs à Manouch et Thibault et le ficelou sera passé.

On y est. Des vrais machines. Une des plus belles missions et motivation pour installer cette folle ligne de 300m. Mais bon c'est pas encore fait.
Il est déjà 17h. Thibault se met directement à faire les ancrages tandis que Manouch commence à hisser les 300m de McFly.
On y a attaché une petite gourde de Ricard, bon moyen pour garder la motivation.

McFly : sangle en Nylon

Tout se déroule très bien, seul petit détail
#8 - la ligne fait environ 305m et la sangle 300m -
du coup on lâche un peu plus de corde pour permettre aux copains de fixer la sangle aux ancrage et à nous de ravaler ensuite.
Ca passe, la connexion est faite. Deux journées entières pour réaliser cette installation. Merci aux
deux cordées, sans eux l'installation de la ligne n'aurait juste pas pu être possible.

Trop tard pour l'essayer ce soir, la nuit tombe et la recrudescente du canyon est vraiment dangereuse de nuit
#9 - Une frontale pour 4, classique... -

Encore une nuit à en rêver.

Samedi 24 septembre


Repos pour tout le monde, enfin presque. Clément est resté bivouaquer à la ligne hier, et pour moi ce sera petit déjeuné et rando. Petite marche d'approche d'1h30, à vide ça fait du bien.
A peine arrivée, et déjà au taqué. On fignole les dernières détails, tension, back up et c'est parti. 

Premiers runs fait, tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est démeeeeent!
Y paraîtrais même que j'ai interrompu Alex Honnold dans sa tentative de freesolo dans "les rivières pourpres" pour me regarder!

Redescente au village et repos pour le reste de la journée voire le lendemain...
Manouch, Thibault, Boris, et Nastro ont prévu d'aller faire "Baraka" demain, 800m de face, 18 longueurs.
Mohammed Bischoff recherche toujours le meilleur point de vue pour "la" photo de la ligne

Dimanche, Les gars sont partis tôt ce matin mais pas toujours à l'heure voulu, il ne faudrait pas exagéré. Je crois que "coco" est souvent en cause.
Quant à nous petit déjeuner tranquille, et au final préparation d'une nouvelle highline.

Bisch et Nico ont repéré une 100m à 5min de marche d'approche ce qui nous changera un peu.
J'aide les copains à faire le portage mais les abandonne vite après, vraiment besoin d'un vrai jour de repos!

Demain, souk à Zaouiat et puis c'est reparti. On est quand même pas venu ici pour enfiler des perles, affaire à suivre...