Qui sommes nous ? About ?


All about balance. Tout est une question d'équilibre.
Cette phrase illustre Slack depuis ses débuts en 2005.
Alors que personne n’avait entendu parler de sangle molle, Damien Mercier décida de pousser le slackline vers les projecteurs en créant la marque Slack et le site www.slack.fr, ainsi que la boutique en ligne de slackline. Vous êtes ici sur notre blog.

15 sept. 2015

Chinoiseries Slacklinesques - Antoine Mesnage

Artcile 1 - Come Back from UK
Article 2 - Good Morning from Ireland !
Article 3 - Norvège : Preikestolen Line en amoureux
Article 5 - A la conquête des Balkans




Cet été, nous avons eu la chance, ma famille, Estelle et moi, d'aller visiter la Chine.
Les trois semaines prévues nous laissaient le temps de découvrir différents endroits, sans les survoler.
Ne sachant pas du tout à quoi m'attendre pour la Slackline, et n'ayant aucune information sur d'éventuels spots, j'ai pris dans ma valise le minimum vital : de quoi tendre 60 mètres de Moonwalk, légère et facile à tendre.

Après avoir passé quelques longues heures dans l'avion, s'être fait arnaquer par un chauffeur de taxi et avoir eu le plaisir de se rendre compte que la réservation de l’hôtel n'avait pas été prise en compte, nous nous retrouvons finalement à Pékin. Dépaysement total dans cette ville de plus de 12 millions d'habitants (2 fois l'Irlande ou j'ai passé une bonne partie de cette année), nous visitons les classiques, la cité interdite, et la muraille de Chine.



Cette dernière est en fait restaurée seulement sur quelques lieux, touristiques et bien surveillés. Il me fallait quand même essayer, et prendre la Slack, au risque de porter un sac bien lourd toute la journée pour rien. Après avoir marché jusqu'au bout du chemin autorisé, passé la dernière caméra, on trouve un endroit plutôt joli, et peu fréquenté par les touristes. Ni une ni deux, j'installe une énorme longline (4 m environ), et démarre une longue traversée. Un aller, un retour, quand je vois qu'un petit morceau d'écaille est en train de se décoller de la muraille, au moment ou un chinois typé asiatique un peu louche et l'air suspicieux passe. Je désinstalle donc rapidement, et on file. Muraille de Chine, fait !


On quitte alors la capitale, reprend un vol direction Yangshuo. Ville assez touristique et jumelée avec Annecy-le-Vieux, Yangshuo est entourée de petites montagnes (pains de sucre), et de sa rivière Li qui les contourne. Les panoramas sont magnifiques, et on profite de vélos et scooters pour faire de belles balades. La ville en elle même est par contre assez spéciale, des vendeurs de bibelots nous accostent à chaque pas, et l'odeur nauséabonde du marché de la ville rappelle bien qu'en Chine, on mange de tout ! Et dire qu'en France, on se dit réputés pour être mangeurs de grenouilles ! La bas, c'est des crapauds énormes, du serpent, et je passe nos si mignons animaux de compagnie...

Revenons à nos installations. Lors d'une ballade en vélo au milieu des villages, j'avais pris le risque d'emmener, encore une fois, tout mon matériel en balade. Heureusement, on traverse la rivière Yulong, sur un pont typique (Fuli bridge). On en profite pour se baigner, et pour installer une petite Waterline. En accédant à l'arbre de l'autre côté, il fallait légèrement marcher dans la broussaille. Après deux pas peu sereins, je vois un gros serpent qui sort devant moi pour aller plonger dans l'eau. Il me faut alors une bonne dizaine de minutes pour atteindre l'arbre, se trouvant à 5 mètres de moi, en fauchant le sol avec mon élingue et en tapant des pieds !



Après quelque temps, une Moon bien molle traverse finalement la rivière Yulong. Il fait cependant tellement chaud que l'on a plus envie d'être dans l'eau qu'au dessus !!



Yangshuo nous a aussi permis d'installer une première Highline. En allant grimper quelques jours plus tôt, nous avions repéré une vieille tyrolienne abandonnée, qui laissait place à de nombreux spits accessibles de part et d'autre d'une grotte. J'avais entrepris alors l'installation, traversé le cable sur les fesses pour passer la ligne, triangulé, etc, pour me rendre compte au dernier moment que j'avais oublié le leash … Non pas juste à côté comme il arrive souvent, mais à l’hôtel, à une bonne heure en scooter. Restons calme, restons calme, et nous y retournons donc quelques jours plus tard, avec tout le matériel nécessaire. Ayant déjà fait l'installation complète auparavant, il ne me fallut pas très longtemps pour la refaire, avec le leash cette fois ! Je scotche, effectue une traversée, et là, surprise ! La tyrolienne que l'on pensait abandonnée était en fait un nid à touristes, qui payaient une petite fortune pour une tyrolienne de 30 mètres et une descente en rappel. Ayant un côté ancré sur la tyrolienne et un côté ancré sur le rappel, il nous fallut désinstaller assez rapidement, puisqu'un groupe arrivait sur le spot.







Ne voulant pas être trop encombrés par le monde, on se dirige alors vers une autre grotte, juste à côté, pour faire de nouveau quelques voies. Les premiers spits des voies de chaque côté nous permettent en même temps d'installer deux petites lignes, histoire de slacker en attendant notre tour, et aussi, de pouvoir s'asseoir autre part que sur un sol bien poussiéreux. Après s'être bien entraîné à la maison, ce n'était qu'une routine pour le père, Dom (mon papounet...!), de flasher sa première ligne au sol : Ca progresse, bientôt la highline !
Estelle elle nous enverra des petits tricks, tout en esthétique !







Il était temps pour nous de quitter la ville de Yangshuo, pour rentrer dans les terres plus sauvages et moins peuplées. A travers les rizières, nous nous arrêtons dans la petite ville de Danian. Au programme, la visite de plusieurs villages de minorités ethniques (les Miao...), à la découverte de la Chine profonde. Un sacré changement après avoir visité deux grosses villes !
On en profite même pour dormir chez l'habitant. Enfin dormir, sans compter les 50 coqs du village, qui nous réveilleront à 2 heures du matin, en poussant la chansonnette jusqu'au jour.

Entouré de rizières, il me fallait absolument trouver un spot pour tendre une highline au dessus de celles ci. Mais ce n'était pas si facile, étant donné que chaque rizière est cultivée, et que rien qu'en marchant à côté, on se rend compte que ces plantations grouillent de serpents et d'animaux en tout genre. Pas si facile donc !
On demande donc au guide qui nous accompagnait pour quelques jours, s'il connaissait «un endroit ou il y a des plantations, des arbres à même hauteur et où on pourrait mettre un fil pour marcher dessus ». Il ne fallait pas en dire plus pour que lui et son ami chauffeur, férus de nouveauté et de spectacle, nous emmènent voir plusieurs coins qu'ils imaginaient propices à une telle folie. Après avoir roulé un bon bout de temps, avoir renoncé à plusieurs spots peu adéquats, on tombe finalement sur un bon spot. Deux arbres de chaque côté, pas vraiment au même niveau mais ça fera l'affaire ! On installe donc un côté, puis vient le moment stressant de traverser la rizière, puis de remonter de l'autre côté, dans une terre pleine de végétation. Me voyant hésiter, le chauffeur passe devant avec ses vieilles Crocs, et se retrouve en un rien de temps de l'autre côté. Il ne me reste plus qu'à m'aider de la corde pour remonter, bien sympa !







L'installation se fait rapidement, encore une sacrée ligne type « dré dans le pentu » ! Une pente d'au moins 3 mètres pour une ligne de 40 mètres, ça commence à faire. C'est malgré tout un énorme plaisir de slacker au dessus des rizières, pas si facile avec le chapeau chinois !
Notre guide fera même une traversée en poulie, peu serein mais bien content. Elise, ma petite sœur de 12 ans, se jettera elle aussi dans le vide avec la poulie, en profitant de la pente de la ligne pour faire une petite tyrolienne.

Le lendemain, nous prenons un train, qui nous emmène à Hong Kong à 300 km/h. Encore un énorme dépaysement que de passer d'un village qui vit en totale autarcie, à une ville puissante et énormément riche.





N'ayant pas vraiment préparé de plan Slack, et n'ayant pas eu internet pendant 3 semaines, je n'avais pas spécialement prévu de slacker ici. Mais finalement, après avoir fait quelques recherches, j'avais remarqué qu'une highline avait été installée sur un site d'escalade. On s'y rend donc, en ne manquant pas de se perdre dans la jungle, dans une montée bien raide, sous une chaleur de 35 degrés et 90% d'humidité. Après 2 bonnes heures, nous arrivons à cette « falaise facile d'accès ». Je me rends compte que la ligne de 60 mètres est bien difficile à passer avec la végétation, et que je n'aurais pas assez de temps, surtout avec les quelques 2 litres d'eau que nous avions pour 4 avec cette température.

Comme l'improvisation était l'atout principal dans ce voyage, on finit par installer une mini highline sur deux arbres, d'une quinzaine de mètres. Pas très haute, la chute n'était pas très conseillée. Mais slacker à Hong Kong, c'est quand même quelque chose, ça valait bien ce risque ! 



On finira finalement la journée avec Estelle, de nuit, à Slacker sous les buildings de Hong Kong pour notre dernière soirée avant de rentrer en France. Un superbe moment, ou il nous aura fallut prendre des selfies avec nos amis Chinois et leurs Selfie sticks. Ils sont fous ces Chinois !



A chaque fois que j'arrive à installer quelque chose dans un pays étranger, c'est toujours un énorme plaisir. C'est totalement différent, on y va sans aucune connaissance, ni du spot, ni du pays. On ne prend que le strict minimum en materiel, et on s'adapte à l'endroit : Des fois ça penche, des fois c'est court, des fois c'est pas très solide, des fois vaut mieux pas tomber. C'est pour cela qu'il est important de savoir slacker sur toutes les tensions, et d'avoir une distance maximale où l'on est sur de ne pas tomber, quelque soit la ligne. On ne pourra pas tous battre des records, mais la slackline laisse tellement de possibilités que l'on pourra tous installer notre propre ligne.



Keep it Slack,

Antoine


Merci beaucoup à Estelle Peretto, la copine d'Antoine, et à Dominique, son papa, pour les jolies photos qui illustrent cet article ;-)





10 août 2015

Bis Répétita, Et Plus Si Affinité...


On ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie. On l’apprend très tôt à l’école et la vie se charge de nous le rappeler de manière régulière. C’est ainsi qu’aspirant à une tranquille semaine de travail confortablement assis devant mon ordinateur, je m’imaginais pouvoir me lamenter à loisir à cause de la chaleur, du soleil qui cogne trop fort et de l’eau du lac bien trop tiède. En bref, je me réjouissais de la perspective de ces journées de cloisonnement à venir.




Bien entendu ce fut le moment précis que le destin choisit pour me rappeler que la routine n’est pas un luxe qu’il me sera permis d’atteindre de si tôt! Corentin Bruet s’était mis en tête de répéter une vielle expédition des (feux) Skyliners (‘sont pas morts… ils ont juste changer de nom…) en retournant installer le Trésor Gap, la highline traversant les 28m de la brèche Tré La Porte dans le massif du Mont Blanc. Et même, débordant d’initiative et ne rechignant pas à portrer un sac à dos bien trop chargé, il ne cachait pas l’idée d’ouvrir une nouvelle highline. Plus longue, plus molle, plus moderne quoi!
Ayant laissé sous-entendre que peut-être il me plairait de participer à une expédition de ce genre, Corentin me prit au mot et je fus d’office compris dans la liste des highliners de haute montagne. Au nombre de six, l’équipe se composait de Corentin, Richard, plus connu sur la toile sous le sobriquet de Brad la Masse, d’Antoine Mesnage, Thibault Cheval et de son cousin Mat l’Indien. Nous n’étions loins d’êtres tous des alpinistes aguerris mais la « rando » était facile à ce qui se racontait plus bas dans la vallée.



J’avais pour ainsi dire une mission professionnelle à remplir lors de cette aventure. J’avais besoin d’images in situ de la nouvelle Moonwalk, sangle virile à la couleur saumon. Ne pouvant plus compter sur une météo défavorable, je me résolu donc à remplir mon sac, le chargeant à contre-coeur de tout l’attirail nécessaire à un bivouac en montagne, doublé d’une mission highline, triplé d’une session photo. Le regard perdu dans les pics et les arrêtes de rocher se dessinant dans le lointain, le petit train de Montenvers grimpait vers son invariable destination alors que je pensais à mes collègues de bureau bronzant devant leurs écrans d’ordinateurs. Je dus laisser échapper un soupir. 



S’en suivit une descente d’échelles vertigineuses dont notre ami l’Indien se souviendra longtemps (ah les virées highline en haute montagne quand on a le vertige, rien de tel pour faire le plein de bons souvenirs). La remontée de la Mer de Glace se fit quant à elle sans encombre. D’ailleurs à voir la pâle figure du glacier, il n’encombrera plus grand chose d’ici quelques années… La triste réalité nous frappait de plein fouet, fin juillet, il fait chaud et la glace fond! Les marchands de cartes postales pourraient avoir la décence de ne pas vendre de cartes montrant le glacier pimpant dans son ancien manteau blanc, c’est déprimant.
En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, nous étions arrivés devant un nouveau mur d’échelles en haut duquel zigzaguait le sentier menant au refuge de l’Envers des Aiguilles. Nous l’avons quitté sous la brèche pour finir de crapahuter dans un pierrier au milieu duquel coulait l’eau du glacier de Tré La Porte qui fondait sous la chaleur estival. Enfin, lorsqu’aucun nuage ne s’agrippait à l’Aiguille de la République et au Grépon. Oui, nous étions hélas sous l’unique nuage du massif. Mais rassurez-vous, d’autres nous ont rejoint dans la soirée. 




La highline de 28m fut rapidement installée et tendue « à l’ancienne », comprenez comme un cable. Plus qu’une réelle volonté, peut-être était-ce dû au fait que la sangle faisait deux mètres de moins que le gap… Finalement, alors que la lumière déclinait, Thibault, Antoine et Corentin finirent de pinailler pour enfin commencer à installer cette nouvelle highline de 70m qui allait écoper du nom de « Saumon Dépucelé ». Première highline pour notre Moonwalk à la couleur unique.

Le soir était là et le vent nous frigorifiait. Corentin fut régulièrement rabroué pour nous avoir vendu un ciel dépourvu de nuage d’où les étoiles pourraient à loisir se réjouir de notre présence, nous observant depuis leur canapé stellaire. Mais non. Avant de rejoindre nos couchages, nous avons ingurgité notre soupe à l’eau du glacier, puis notre riz/macédoine à l’eau du glacier avant de nous rincer un peu la gorge, toujours avec l’eau du glacier et ses minéraux bien tangibles qui croquaient sous les dents. Corentin fut néanmoins félicité pour la météo radieuse du lendemain car nous sommes peut-être des rustres mais pas rancuniers.




L’heure était donc venue de se mettre au travail. Baudriers au fesses chacun s’affairait à ses petites affaires. Richard jouait des massues sur le Trésor Gap, Corentin, Thibault et Antoine s’amusaient à dépuceler le saumon et notre indien bravait sa peur du vide en s’offrant un aller-retour en poulie au dessus de la brèche. Tantôt sautant de rocher en rocher, pendu à une corde ou au milieu d’une highline je m’occupais de mes photos lorsqu’Antoine me rappela que moi aussi je faisais de la highline et qu’il serait de bon aloi de  m’y coller. Moi qui pensais passer inaperçu… En bon papy de la highline, je me suis contenté de m’aventurer sur les 28m sur-tendus (trop tendus?!) et d’y faire deux aller-retour qui - avouons-le - m’auront mis la banane pour plusieurs jours. Nous étions des skyliners! Merde alors!





Mais comme les lauriers c’est bon dans le pot-au-feu mais faut pas trop s’y reposer, nous avons engager le démontage et amorcé la décente afin de ne pas manquer le dernier train vers la civilisation. Accomplir de grandes choses c’est bien, mais ça ne vaut pas de se les remémorer devant une bière! Ou encore devant un ordi au bureau le lendemain. C’est là, confortablement assis, entouré de ses collègues qu’on se dit qu’on était bien là haut et on se demande alors ce qu’on fait là, assis entre quatre murs. Mais bon, on ne fait pas toujours ce qu’il nous plait!





Texte et photos : Fab Wittner